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  • L'amour du risque

    La gestion du risque est au coeur des préoccupations de notre société. Avant-hier, j'ai participé à un meeting à San Francisco où un intervenant a évoqué ce risque qui nous obnubile. Celui-ci pollue en effet notre paysage et a un impact décisif sur notre manière de vivre. On peut remercier pour cela les chercheurs, qui nous indiquent en permanence les nombreux risques auxquels nous sommes confrontés chaque jour: manger des fruits bourrés de produits toxiques, s'encrasser les poumons en étant trop près des routes, s'intoxiquer au monoxyde de carbone... A tel point que tout ce qui est risqué devient persona non grata. Nous nous retrouvons en quelque sorte paralysés face aux risques, qu'il soit question de crise économique ou de djihadisme. A l'heure actuelle, nous vivons dans un monde qui voit des risques partout. Leurs conséquences éventuelles sont souvent exagérées. Pourtant, cette estimation subjective des risques a un impact réel : elle entrave considérablement la marge de manoeuvre des autorités, étant donné qu'elles doivent faire face à une population qui fantasme un monde dépourvu de risque. Tous les risques doivent selon eux être interdits, que ce soit pour les sportifs, les personnes âgées, ou les consommateurs. Partout, le même objectif : le risque zéro, à tout prix. Pourtant, un monde dénué de risque est non seulement impossible, mais également particulièrement dommageable. Le risque fait partie de notre ADN. Si nos aïeux n'avaient pas pris de sacrés risques, nous vivrions encore dans les arbres. Plus proche de nous, Galilée a pris un énorme risque en osant affirmer que finalement, ce n'était pas le soleil qui tournait autour de la Terre. De manière générale, il est impossible de progresser si personne n'est prêt à prendre de risques. J'ai été très intéressé par le discours tenu pendant ce meeting à San Francisco : c'est d'après moi l'image même de ce à quoi une entreprise est censée faire face : au risque. Tout profit se fait en prenant des risques. Nos services de police et notre réseau routier sont rendus possibles grâce à des individus qui ont su faire du risque leur travail. Pour plus d’infos : http://www.agence-seminaire.fr/seminaires-ailleurs/agence-seminaire-aux-usa/agence-seminaire-san-francisco/

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  • Les politiques contraints au changement

    Les politiques se posent trop de questions sur leur avenir qui va partir en peau de chagrin s'ils ne réussissent pas à mettre du dynamisme dans l'économie. Cette petite révolution va arriver par la contrainte. Quoique contrainte, par le cours naturel des événemens, à diriger sa progression politique d'après une doctrine essentiellement négative, la société actuelle n'a jamais renoncé aux lois fondamentales de la raison humaine; elle saura bien, en temps opportun, user des droits mêmes que cette doctrine lui confère pour s'engager de nouveau dans les liens d'une véritable organisation, quand les principes en auront été enfin conçus et appréciés. L'état de pleine liberté, ou plutôt de non-gouvernement, ne lui semble aujourd'hui nécessaire, à très juste titre, qu'afin de lui permettre un choix convenable, qu'elle n'a pu songer à s'interdire. Si quelques esprits excentriques comprennent le droit d'examiner comme imposant le devoir de ne se décider jamais, la raison publique ne saurait persévérer dans une telle aberration; et, de sa part, l'indécision prolongée ne prouve réellement autre chose que l'absence encore persistante des principes propres à terminer la délibération, et jusqu'à l'avénement desquels le débat ne pourrait en effet être clos sans compromettre dangereusement l'avenir social. De même, dans l'ordre temporel, en s'attribuant le droit général, provisoirement indispensable, quoique finalement anarchique, de choisir et de varier à son gré les institutions et les pouvoirs propres à la diriger, la société actuelle n'a nullement prétendu s'assujétir à l'exercice indéfini de ce droit, lors même que, cessant d'être nécessaire, il lui serait devenu nuisible. Ayant ainsi voulu seulement se procurer une faculté essentielle, bien loin d'imposer aucune entrave à ses progrès ultérieurs, elle ne saurait hésiter à soumettre ses choix aux règles fondamentales destinées à en garantir l'efficacité, lorsque enfin de telles conditions auront été réellement découvertes et reconnues. Jusque-là, quelle plus sage mesure pourrait-elle effectivement adopter, dans l'intérêt même de l'ordre futur, que de tenir librement ouverte la carrière politique, sans aucun vain assujétissement préalable, qui pût gêner l'essor encore ignoré du nouveau système social? À quel titre les vains détracteurs absolus de la politique révolutionnaire condamneraient-ils une telle situation, sans produire aucune conception vraiment propre à en préparer le terme définitif? Du reste, quand ce terme sera venu, qui oserait contester sérieusement à la société le droit général de se démettre régulièrement de ses attributions provisoires, lorsqu'elle aura trouvé enfin les organes spéciaux destinés à les exercer convenablement? Malgré tant d'amères récriminations contre l'attitude toujours hostile de la doctrine révolutionnaire, n'est-il pas, au contraire, évident que, de nos jours, les peuples ont, d'ordinaire, trop avidement accueilli les moindres apparences de principes de réorganisation, auxquelles, par un empressement funeste, ils voulaient sacrifier, sans motifs suffisans, des droits qui ne leur semblent qu'onéreux? Nos contemporains n'ont-ils pas, sous ce rapport, mérité bien plutôt, de la part des vrais philosophes, en beaucoup d'occasions capitales, le reproche d'une confiance généreusement exagérée, trop favorable à de dangereuses illusions, au lieu de la défiance systématique, si aigrement critiquée par ceux qui peut-être sentent secrètement leur impuissance radicale à soutenir une véritable discussion? Ainsi, la doctrine révolutionnaire, loin d'opposer d'insurmontables obstacles à la réorganisation politique des sociétés modernes, constitue, en réalité, d'une manière encore plus évidente et plus directe que ne le fait, de son côté, la doctrine rétrograde, l'indication d'un ordre indispensable de conditions générales, qui ne doivent jamais être négligées dans l'accomplissement d'une telle opération.

  • Les médecins gagnent leur vie!

    Les tarifs étant fixés par la Sécurité sociale, ces revenus supplémentaires sont toutefois dus à un surcroît de charge de travail. Dans son rapport paru jeudi, la Commission des comptes de la Sécurité sociale relève «l'existence d'une relation négative significative entre les honoraires et la densité de médecin». Traduction? Plus il y a de praticiens dans un département, moins ils gagnent leur vie. Résultat, un généraliste du Pas-de-Calais gagne en moyenne 60 % de plus que son confrère parisien. Ce que l'étude ne précise pas, c'est que les généralistes étant obligés d'appliquer un tarif fixé par la Sécu, tout revenu en plus est dû à une charge de travail supplémentaire. Ainsi, nombre de départements réputés pour être des déserts médicaux se révèlent des oasis pour les généralistes qui y sont installés. Tels, par exemple, la Lozère, l'Aveyron, la Mayenne, la Haute-Saône ou l'Oise. Ce n'est pas tout. Au fur et à mesure que de nouveaux médecins s'installent dans les territoires «surdotés», comme on les appelle dans le jargon, le revenu moyen des praticiens présents baisse de plus en plus. Là où l'augmentation d'un point de la densité des médecins généralistes s'accompagnait en 2004 d'une perte moyenne d'environ 420 euros d'honoraires, cette perte est de l'ordre de 600 euros en 2014. Dans ce contexte, les élus des deux bords s'échinent à vouloir supprimer la liberté d'installation des médecins - quand ils sont dans l'opposition seulement, car la mesure fait bondir les intéressés. Toutefois, peut-être la loi du marché contribuera-t-elle à réguler, in fine, les installations.