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L’Intelligence Artificielle et la formation

C’est un constat consensuel de l’intelligence humaine : sa version artificielle va révolutionner l’éducation. C’est en tout cas la thèse de Laurent Alexandre, argumentée dans son dernier livre, ‘La Guerre des intelligences’. Comment ? A quel rythme, de façon radicalement disruptive ou tranquillement évolutive ? Une révolution à grande échelle en tout cas pour Kevin Carillo, professeur à TBS (Toulouse business school). “L’IA va transformer l’éducation dans sa globalité, que ce soit dans son fonctionnement interne (gestion de la scolarité, gestion des campagnes commerciales, oraux…), ou dans la manière d’enseigner, en modifiant l’interaction avec l’étudiant.” Ainsi, les parcours de formation utiliseront l’IA pour proposer un système de recommandations pertinentes pour le choix des cours en fonction de l’historique des étudiants, des fléchages, des souhaits… “De façon globale, l’IA permettra une manière plus fine et plus personnalisée d’enseigner et de gérer les étudiants. Il y a un potentiel pour révolutionner l’éducation” poursuit Kevin Carillo. Mais les avis sont plus que partagés parmi les dirigeants des grandes écoles, où les changements ne dépendent pas uniquement de la rationalité. Ne serait-ce que sur la maturité du phénomène IA, les opinions divergent. Sur les freins et obstacles aussi. “Certes, ces nouvelles technologies vont soulager le travail des professeurs qui n’apprécient pas les corrections” prévoit Jean-Philippe Renard, directeur du campus de GEM (Grenoble école de management) à Paris et expert des questions sur le numérique/digital. “Mais les étudiants comme les professeurs sont des populations très conservatrices. Ils n’aiment pas la nouveauté et les étudiants sont extrêmement demandeurs de contacts et d’échanges avec leurs professeurs. Il faut donc que toutes ces technologies les favorisent.” Entre les outils pédagogiques facilitant l’apprentissage bientôt disponible sur étagère et leur appropriation par les profs et leurs élèves, on risque d’assister à quelques passionnants débats. Mais un étudiant admis aujourd’hui se trouvera confronté à l’heure de son diplôme à de robustes avancées dans ces domaines. En quelques mois, les fées les plus éclairées se sont penchées sur le berceau de ces savantes technologies en devenir. Cédric Villani devrait remettre son rapport sur le sujet début avril, tandis que celui de France Stratégie a déjà été publié, de même que celui de l’OPECST (Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques), par le Sénat et l’Assemblée nationale. “Les étudiants comme les professeurs sont des populations très conservatrices. Ils n’aiment pas la nouveauté et les étudiants sont extrêmement demandeurs de contacts et d’échanges avec leurs professeurs” Récemment, dans l’université américaine Georgia Tech, les élèves ont dialogué en ligne avec leur professeur d’informatique en lui posant nombre de questions. Les réponses fusaient. Ce qu’ils ne savaient pas, c’est que c’était un chatbot animé par la machine Watson d’IBM qui leur répondait. Ils n’y ont vu que du feu. Une certitude toutefois : l’interface humaine devient stratégique et change de mission. Les connaissances sont dans les machines mais l’essentiel, le savoir-être, ne s’apprend qu’avec des humains. En fait, l’intelligence artificielle induit deux types d’impact pour ces étudiants. Non seulement elle va sensiblement modifier les outils pédagogiques et bien au-delà, mais elle va transformer leurs futurs métiers, donc les débouchés auxquels ils se préparent. Cette technologie si gourmande en données diffuse dans tous les secteurs. Industriels évidemment, comme le prouvent les avancées dans la voiture autonome, mais aussi dans les services, chez les assureurs et les banquiers, dans le secteur de la santé, et bien d’autres encore. Comme le constate Franck Pacard, directeur de l’enseignement et de la recherche de l’X qui vient de créer un nouveau master Artificial intelligence qui ouvrira en septembre prochain : “Cette spécialité diffuse dans tous les domaines et suscite donc une demande importante, puisque l’IA devient un outil utilisé par toutes les entreprises. Par exemple les assureurs et les banques, pour lesquels c’est devenu l’enjeu de concurrences féroces. Et la France tire bien son épingle du jeu. Si Google et Facebook installent leur centre de recherche en IA à Paris, il doit bien y avoir une raison !”

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