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Le batteur de breloques - Page 3

  • Un vaccin contre l’héroïne

    Et si l'on pouvait éradiquer la dépendance à l'héroïne avec un simple vaccin? Cela peut sembler fou, mais c'est le pari d'une équipe de chercheurs du Scripps research institute, l'un des plus grands centres de recherche privés du monde. Après plus de huit ans de travail et un premier succès sur des rongeurs en 2016, ils viennent d'arriver à une étape clé, dévoilée dans la revue Jacs. Leur vaccin empêche l'héroïne d'atteindre le cerveau de macaques rhésus. Une étape essentielle, précise l'institut Scripps. Car d'autres vaccins visant à empêcher l'addiction, à la nicotine et à la cocaïne par exemple, ont déjà été testés avec succès sur des rongeurs, mais ont toujours échoué sur l'homme. Il ne faut pas crier victoire trop vite pour autant, rappelle au HuffPost Serge Ahmed, directeur de recherche au CNRS. "On ne sait pas si cette stratégie bloque vraiment les effets addictifs de l'héroïne, mais cela reste prometteur et je pense qu'ils ont déjà réalisé ces tests, qui attendent d'être publiés", précise le spécialiste en neurobiologie addictive à l'université de Bordeaux. Surtout, il faut encore réussir à adapter le vaccin pour l'homme. "Le test sur les singes est une bonne chose, mais cette espèce reste assez éloignée de la notre. Je crains que le passage à l'être humain ne soit pas efficace", précise-t-il. Mais si cela fonctionne, le bénéfice est potentiellement énorme. Actuellement, pour se libérer de la dépendance à l'héroïne, il existe deux méthodes. La substitution implique une prise de médicaments (opiacés) avec des effet similaires, mais très lents. L'autre solution, l'antagonisme, consiste à injecter un inhibiteur (naltrexone) qui va bloquer les récepteurs du cerveau sur lesquels agissent les opiacés. "Le problème, c'est que cette méthode n'enlève pas la sensation de manque et qu'il n'est pas possible d'y ajouter un substitut", précise Serge Ahmed. "La vaccination, elle, bloque l'action de l'héroïne, comme un antagoniste, mais il est possible d'y associer une méthode de substitution". Pourquoi? Le vaccin, comme tous les autres, fait produire à notre organisme des anticorps. Ceux-ci vont tout simplement reconnaître et bloquer l'héroïne avant qu'elle ne franchisse la "barrière hémato-encéphalique" qui protège normalement notre cerveau. Qu'elle importance? A l'inverse des antagonistes classiques, une vaccination ne bloque donc pas les récepteurs du cerveau qui accueillent l'héroïne et les autres opiacés. Il est donc possible, en parallèle, de donner au patient un substitut pour que la sensation de manque soit supportable. Autre point positif: "l'immunisation, d'après l'étude, est durable avec quelques rappels. C'est un énorme avantage", note Serge Ahmed. Par contre, seule une personne souhaitant vraiment se libérer de l'héroïne pourra être vaccinée. Car sinon, il lui suffirait de passer à un autre opiacé dérivé pour continuer de se droguer. En France, 600.000 personnes ont déjà pris de l'héroïne et 180.000 environ cherchent à décrocher grâce à un traitement médical. La bonne nouvelle, c'est que l'avenir de ce vaccin se jouera dans quelques années. Les scientifiques cherchent déjà une société pharmaceutique pour réaliser des tests cliniques. Et s'ils sont concluants, il y a de bonnes chances pour que le vaccin soit autorisé rapidement: les composés utilisés sont eux-mêmes déjà autorisés par le gendarme américain de la santé.

  • A Helsinki pour le plaisir

    Si pas mal d'incentives auxquels je suis invité à participer se ressemblent les uns les autres, il m'arrive d'assister à un incentive fortement décalé. Et c'est à un de ceux-là auquel j'ai participé à Helsinki. Il y a eu de nombreuses surprises, parce que l'objectif était à l'évidence de nous tirer de nos vieilles habitudes. Histoire de bien poser les choses, lorsque nous sommes arrivés dans la salle, nous avons voulu nous installer dans les gradins. Mais on nous a alors conviés à rejoindre les tréteaux, où nous avons passé toute la journée dessus. C'est quand mêmeplus séduisant que de subir un laïus guindé sur le fait d'être acteur plutôt que spectateur. Seconde surprise quelques minutes plus tard : nous pensions être dispatchés dans des groupes de travail organisés de façon à mêler les différents services, comme nous le faisons invariablement. Mais cette fois, nous avons été invités à nous grouper par équipe opérationnelle, ce qui n'avait encore jamais été fait. Invariablement, on nous propose de réfléchir sur un thèmeplutôt générique. Mais cette fois, nous avons en effet eu droit à un sujet beaucoup plus sensible à débattre : « Quelles mesures précises l’équipe d'à côté devrait-elle mettre en oeuvre pour gagner en efficacité ? ». Je peux vous dire qu'il y a eu un silence quand on a compris qu'on allait devoir stigmatiser l'activité des autres équipes. Et si je ne croyais pas que ça marcherait vraiment, certains ont lâché la bride. Et lorsqu'a eu lieu la présentation des points d'amélioration pour chaque service, certains responsables ont dû faire un effort pour garder bonne figure. Il faut dire que pour certains services, les listes de mesures à mettre en place représentaient une sacrée remise en cause de leur façon de travailler ! Et histoire d'enfoncer le clou, chaque équipe a dû s'engager à matérialiser une partie des actions qui lui avaient été proposées. Cette manière de faire nous a sérieusement brusqué, il a eu l'effet souhaité. J'ai fortement apprécié la méthode originale utilisée lors de cet événement, et je ressens déjà les effets de cet engagement dans le travail. Tenez, je vous mets en lien l'agence qui a monté cet événement. Retrouvez toutes les infos sur cette incentive à Helsinki en suivant le lien.http://www.agenceincentive.com/destinations/europe/incentive-a-helsinki/

  • Les traitements longs coutent (trop) chers

    Les maladies psychiatriques pèsent de plus en plus lourd dans les comptes de l’Assurance maladie qui dans les cinq prochaines années devra gérer un nombre croissant d’autres malades chroniques ou nécessitant des traitements longs, selon des données présentées mercredi. A quelques semaines de la divulgation des mesures d’économies qu’elle entend réaliser, l’Assurance maladie a passé au crible les dépenses de santé des 57 millions de bénéficiaires du régime général, soit quatre Français sur cinq, entre 2012 et 2015 et réalisé des prévisions d’ici à 2020. En quatre ans, le montant de la prise en charge a augmenté de 10,2 milliards d’euros pour atteindre 133,6 milliards en 2015, selon cette étude « médicalisée » qui passe en revue 56 pathologies. Plus d’un bénéficiaire sur deux a recouru à un soin courant, le reste de la population, soit 26 millions d’assurés, ayant été concerné par des soins liés à des pathologies chroniques, des traitements médicamenteux spécifiques au long cours ou la maternité, relève l’Assurance maladie. Les grandes tendances observées depuis 2012 (date du début des analyses médicalisées) se « confirment » en 2015 avec « un recours important et croissant » aux hospitalisations ponctuelles sans lien possible avec une pathologie spécifique (+335.000 personnes sur quatre ans), souligne-t-elle. La hausse du nombre de ces hospitalisations, qui s’explique par le vieillissement de la population, en fait le premier poste de dépenses (30,7 milliards d’euros). Autre phénomène confirmé par l’étude, « le poids de la santé mentale » (traitement des maladies psychiatriques ou consommation de psychotropes) avec des dépenses versées à plus de 7 millions de personnes atteignant 19,3 milliards d’euros (soit +2,3% en moyenne chaque année entre 2012 et 2015). « Grâce à ces données (…) nous sommes en train d’expérimenter des prises en charge psychothérapiques pour les épisodes dépressifs légers afin d’éviter le recours aux médicaments », a expliqué lors d’une conférence de presse le directeur adjoint de la direction des statistiques de l’Assurance maladie, Ayden Tajahmady.